Du temps et des efforts judicieusement investis pour une
réalisation exemplaire dans un secteur en mutation
« En Dorigny ». Aux siècles
passés, ce nom évoquait la campagne et la ferme en exploitation qui lui était
attachée. Depuis les années 1970, on l’associe à l’Université de Lausanne et à
sa situation exceptionnelle, choisie à l’époque hors de la ville, à deux pas du
lac. L’autoroute, construite juste avant l’Expo nationale de 1964, accentue le
caractère périphérique de l’endroit. Quant au quartier de la Bourdonnette, érigé au même moment, son aspect satellitaire
est typique des constructions périurbaines en vogue à l’époque.
Face à la croissance régulière de la population de l’agglomération,
on aurait simplement pu ajouter d’autres modules sans lien entre eux dans ce
secteur. Des blocs, des parkings, une grande surface commerciale et un trafic
automobile pendulaire encouragé par les aménagements, comme trop souvent
auparavant dans l’Ouest lausannois… Mais le modèle a heureusement changé. Et à
l’aube de ce 21e siècle, la ville qui commence à s’installer ici se
développe avec, au centre des préoccupations, la qualité de vie, des espaces
publics, du paysage et l’objectif de freiner l’augmentation du trafic et de la
pollution pour instaurer une mobilité durable.
Les propriétaires d’Aligro ont
acquis la parcelle comprise entre l’autoroute, la Bourdonnette
et la route de la Maladière il y a une quinzaine
d’années. Les caractéristiques uniques et la position stratégique de ce terrain
quasiment plat sont connues dans la commune. Elles justifient que l’on consacre
le temps d’une réflexion approfondie à leur mise en valeur. D’autant plus que
ces atouts gagnent en importance dans le nouveau contexte qu’offre le
développement du Schéma directeur de l’Ouest lausannois. Les côtes de la Bourdonnette ont vu se construire des logements pour
étudiants, puis, en 2007, plus de 100 appartements dans sept immeubles
locatifs. Plus à l’ouest, un développement de grande ampleur est prévu. S’il appartient
aux propriétaires de porter ces projets chacun selon sa visée propre, il
revient à l’autorité communale de les coordonner et de leur fixer un cadre qui
ménage le bien public et garantisse la qualité de vie.
L’étude test a permis d’échanger entre propriétaires,
représentants politiques et techniques de la commune et de l’Etat,
professionnels de l’aménagement, de l’urbanisme ou de l’architecture. Tous ont
réfléchi ensemble au développement du secteur «En Dorigny».
Les discussions et le travail accomplis au cours des six mois de cette démarche
ont servi à vérifier le bien-fondé des orientations pressenties pour marier au
mieux les intérêts privés et publics dans le sens d’un développement durable.
Pas de grande surface commerciale isolée du contexte donc, mais une mixité
d’affectations et des espaces publics s’ouvrant vers l’extérieur et créant des
liens avec les parcelles voisines.
Ce résultat valait bien que l’on y consacre quelques efforts.
Gageons que la recherche de qualité qui a prévalu au stade de cette étude sera poursuivie
avec ce même souci d’ouverture dans les prochaines étapes, jusqu’à la
construction d’une réalisation exemplaire.
André Gorgerat,
président du groupe décisionnel du
chantier 1 du SDOL
« secteur En Dorigny », syndic de Chavannes-près-Renens